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25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 14:08

SANS P ET SANS R

SANS PEUR ET SANS REPROCHE

 

Dans la moiteur des vices émasculés,

les yeux clos d'avoir trop espéré,

elle reprit sa route sempiternelle.

C'est dans le regain d'une chanson douce

que lui chantait sa maman

qu'elle prit l'assurance d'accélérer son pas.

La nuit avait déjà enveloppé

son corps pâli mais pas sali.

Elle se prit alors dans un tourbillon d'images

de sa tendre enfance.

Son pas s'accéléra

Il s'accéléra encore

Petite jupette plissée blanche

sous un soleil farouche et écrasant

au bord de l'océan désert

1 2 3 4 5 6 7 8

Elle accéléra encore

9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20

Et allez!!!

Une balançoire perdue dans le sable

des granulés croustillent entre ses dents d'enfant

ses tempes qui battent la chamade

son sourire s'est noyé dans des pleurs

de surprise et de douleur...

L'odeur des frites dans la fraîcheur

de la tombée du jour...

Elle court, elle court plus vite elle court, elle court, elle court, elle court

Et hop!

La chute

De la terre entre les dents,

qui crisse sur son émail blanc,

elle tape du poing sur le sol

et d'un bond, encore frémissante, se relève.

La niaque dans son regard étincelle

elle reprend sa course effrénée

Elle court, elle court, elle court

Que fuit-t-elle?

On ne le saura jamais...

Lalalalala lala lalala lala lala

Et c'est au bord de la plus haute montagne,

celle de ses fantômes,

qu'elle s'arrêtera enfin.

Et c'est les yeux brillants de larmes et d'impatience,

c'est trop lourd, trop épais, trop collant :

AAAAAAAAAHHHHHHHHHAAAHHHAHAHHHHHAHAAAAAAAHHHHH!

C'est de ce cri déchirant et libérateur

qu'elle a anéanti un monde enfoui et gangréné

et elle s'ouvre enfin à l'éclat d'un lendemain

SANS PEUR ET SANS REPROCHE

 

Nadia Berto

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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 16:38

l-envers-du-spectacle--copie-2.jpg

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30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 17:09

Silence

Île du sein en l’an de laine

Lent élan au ciel de lit

Saine licence

Éclisse et clé

Nid…

 

Le silence a ceci qu’il scie comme cil sur lin 
                                                                                                                                                 

C'est du ciné
Naît l’aile

Elle aile le nez

 

Le silence est aisance

Il est

 

Science du lien

Oeil de lys  et sel du sang

Lance lisse

 

Sens

Lait d’hélice où s’enlise le si ciselé

-Il nie-

Séance

Anse celée céans

Il sait et il sied

Mireille link

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4 septembre 2009 5 04 /09 /septembre /2009 14:34
                                 Le passeur de mots

Le passeur de mots
Dans le fond de la vallée
Tapisse les montagnes d'Ercé
D'histoires d'autres contrées.

Dans son panier de bouche
les lettres-cris sont ses écrits
Les lettres d'une musique de roc
D'une natale langue d'Oc

Les gens écoutent les passeurs de mots
Emplissent leur cervelles d'histoires cruelles
et douces
Qui parlent de marcheurs accompagnés
d'un Ours

Les montreurs d'ours montrent la bête aux coeurs
des foires,
Sillonnent le pays jusqu'à celui
Des États-Unis

Le passeur passe laisse traces
Dans les mémoires des hommes
Restés au pays

Ces traces invisibles sous la chair
Circulent en flots de sang pour que jamais,
Les mémoires qui passent ne délaissent
Les images
Du passeurs passé maintenant
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4 septembre 2009 5 04 /09 /septembre /2009 14:16
                                                      Le conteur menteur

Dans un village sans nom, aux milieux de mille déserts vivait une communauté d'animaux: vautour, petite caille, chouette, vipère à cornes,côtes de gazelles,cobra.Ils vivaient dans ce lieu par punition, chacun ayant commis une faute aux  yeux de la grande communauté des animaux. Dans ce lieu de désert, nulle douceur, nul roseaux fleuris.
Dans une nuit en pleine étoile,les animaux du village dans une grande assemblée décident de partir à la recherche de la grande étoffe pliée, celle racontée par un passeur de sable qui, d'après ses dires possède le pouvoir d'annuler les maléfices les plus difficiles à se débarrasser.
Petite caille fut désignée pour partir à la recherche de l'étoffe, sa petite taille était une assurance pour ne pas se faire prendre.
A la suite d'une grande cérémonie,les animaux lui confièrent une mèche de lin tressée lui permettant de se rendre invisible aux yeux des prédateurs. Ils savent peu de choses sur la direction à prendre.
Après des nuits passées et repassées, petite caille se trouve derrière la dernière pente sablonneuse, les dessins des grains de sable lui dessinent dans sa tête comme une chimère mi homme mi animal.
Petite caille dans sa fragile aventure marche des jours suivants des nuits oubliant dans sa petite tête de caille et sa quête et l'histoire à poursuivre, les restes de mots partis en grains de sables au menteur passeur de sable.
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2 août 2009 7 02 /08 /août /2009 13:13

Nuages sauvages

 

 

J'ouvre les nuages

En auréoles de couleurs

Le fanatisme est une rage

Un puits de larmes et de douleurs

 

Une souricière

Dentelée aux yeux d'horreur

Grotesque nous est ouverte

Dans l'écorce du soi

 

Coupons le nécessaire

Dans l'étoffe de soi

D'un inventaire inachevé

Touffu et agité

 

Tu es parti un jour

Affamé de soleil

Sur un triangle immaculé

de torpeurs estivales

 

Pourquoi le plus amer

Est il souffle animal ?

Vorace volatile

Crevasse du soleil

 

Le bruit des chairs qui crissent

Adoucies par la nuit

Il n'y a plus que la souffrance

qui creuse son gouffre amer

 

J'ouvre les nuages

En auréoles de couleurs

Le fanatisme est une rage

Un puits de larmes et de douleurs

 

 

juin 2009

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26 juillet 2009 7 26 /07 /juillet /2009 20:08

Connaissez-vous la Côte de Gazelle ? C’est un merveilleux pays dont le rivage a la découpe d’une gazelle à l’affût. Il est beau de voir, chaque soir, le soleil y déposer sa grande couronne rouge. L’animal fétiche du pays, c’est une sympathique vipère à cornes qui,  inévitablement, surgit de derrière la dune.

Certains jours, la vipère à cornes s’amuse à dessiner de véritables hiéroglyphes sur les pentes sablonneuses, ce qui fait la joie du cueilleur de mots que vous êtes… Il lui arrive aussi que, se prenant pour une fleur, la vipère à cornes se dresse de tout son petit corps pour se faire cueillir. Et vous, pour ne pas la contrarier, vous lui dîtes : « Ça va, je sais, tu n’es pas une vipère à cornes, alors, laisse moi deviner… heu… tu es une chouette ! », et instantanément, la vipère à cornes se transforme en chouette ! On peut lui dire tout ce qu’on veut, mais toujours selon la formule: « sava jeussé, tu né pasu nevi peracorn, alorlés seumoi deu viné, tu es un support de jarre », la vipère à cornes ne se vexe pas, elle se transforme en support de jarre et comme elle a le sens de l’esthétique, elle le complète avec une jarre remplie d’une huile d’or. Tenez ! Tant que vous y êtes, si vous avez faim, vous pouvez lui dire, suivant le protocole : « sava jeussé, tu né pasu nevi peracorn, alorlés seumoi deu viné, tu es  une galette de pain », et la petite vipère à cornes se laisse dévorer immédiatement, d’où l’expression : avaler des couleuvres qui, selon les pays, prend des sens différents. Quant à vous, votre vipère a cornes, vous la trouvez absolument délicieuse.

Mais ne vous avisez pas de lui demander de se transformer en cobra car c’est le nom du pays d’à côté. Quand on touche aux emblèmes nationaux, à l’instar de beaucoup d’autres peuples, les Gazellois se montrent assez chatouilleux.

Ce jour-là, en ce beau pays, un vautour planait au dessus des roseaux fleuris, mauvais signe, semble-t-il… mais de quoi ?  Nous ne pourrions le dire… La jeune Vasudebkoalaré marchait dans le sable tiède, accompagnée d’une petite caille boiteuse (la pauvre, elle s’était pris le pied dans une corde pour entraver les animaux et la jeune fille, d’une main experte, avait réussi à la délivrer). Toutes deux allaient se désaltérer au grand bassin d’eau. Tandis que Vasudebkoalaré se penchait sur le bassin pour faire boire la petite caille au mince, trop mince, filet d’eau, elle laissa échapper de son foulard une jolie mèche de lin tressé. Aussitôt, le vautour piqua droit sur elle et s’en empara.

Malheur ! La mèche de lin tressé faisait toute la beauté de la jeune fille. Maintenant, Vasudebkoalaré allait connaître la laideur dans sa propre chair. Cela ne tarda pas, elle fut bientôt affublée d’épaisses paupières de grenouille… ses lèvres se mirent à gonfler jusqu’à former deux grosses limaces… Et la pauvre jeune fille ne put que constater comment ses avant-bras prirent l’aspect du bois sec tandis que ses mains devinrent pareilles à des feuilles mortes comme on n’en voyait pas dans le pays. Quelle horreur ! Vasudebkoalaré avait terriblement honte. Mais ce qui la rendait malheureuse plus que tout, c’est que, dans cet état, elle ne pourrait plus épouser le scribe qu’elle admirait pour son savoir et qui l’aimait pour sa beauté. Elle alla se réfugier dans un abri de roseaux et la petite caille la suivit par solidarité.

Mais pouah ! Quelle odeur là-dedans ! C’est alors que Vasu, comme on l’appelait dans le voisinage, aperçut dans un coin un tas informe et pourrissant où elle crut reconnaître une queue de mammifère, puis, peut-être, un ventre recouvert d’une masse visqueuse qui pouvait être du placenta, une bête morte en couches, sans doute… Était-ce un mauvais présage ? Vasu était au comble du désespoir. Cependant, malgré la puanteur, elle ne pouvait se résoudre à sortir de sa cachette. Elle ferma le verrou et se roula en boule sur une étoffe pliée dans un angle de la case. La petite caille, désorientée, se mit à pépier pour appeler à l’aide. Apparut une vipère à cornes, immédiatement transformée en point d’interrogation, une deuxième en point d’exclamation et une troisième en miroir. La quatrième, une petite fée bleue, dit à Vasu :

-Regarde-toi, affronte ta laideur, allez ! C’est ça, le vrai secret de la beauté, regarde toi telle que tu es ! Et quant à l’odeur, tu dois t’y faire, ma fille ! La vie, ça sent pas toujours la rose !

La  jeune fille se voyant dans le miroir poussa un cri d’épouvante qui la rendit encore plus laide. Elle fit une crise de nerf, puis deux, puis trois, puis se calma.

- Que vois tu ?  insista la petite fée bleue.

Quand Vasu osa se regarder une nouvelle fois, ce qu’elle vit était vraiment trop horrible à voir, mais elle finit par dire :

- Une grenouille… 

- Oui, il y a de ça ! dit la fée, mais encore ? 

- Une limace,  répondit Vasu, dégoûtée.

- Eh bien, on progresse… rétorqua le fée qui ressemblait de plus en plus à une vipère à cornes.

- Mais quelle horreur ! se lamenta Vasu

- Oh, il y a pire ! dit la fée, moi, à une époque, je me suis transformée en cafetière, je n’en suis pas morte…  mais du calme, c’est normal, tout change, tout se transforme. Et maintenant, je vais te dire un secret : la vraie beauté réside en l’art de la métamorphose, en notre capacité à vivre et à devancer le changement. Afin que tu ne l’oublies jamais, il y a une formule magique que tu dois répéter chaque matin : Palsambleu et cassoulet de Paris, toupasteutracassepas !

 

À peine la fée eut-elle prononcé ces mots abracadabrants que la jeune fille partit d’un rire du tonnerre qui ne la rendit ni belle ni laide mais plutôt agréable et extrêmement sympathique. Ainsi, petit à petit, en voulant bien se regarder et s’accepter et en rigolant de tout et de rien, la jeune fille retrouva une certaine beauté. Ce n’était plus exactement la même beauté flagrante, mais une beauté à découvrir par qui saurait la découvrir et la redécouvrir. L’histoire ne dit pas si le scribe, tout savant qu’il était, sut redécouvrir la beauté de Vasudebkoalaré.

Mireille

 
   
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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 16:17



            Je voudrais tant être une écrivaine, alors que je ne suis qu’une écri-vaine ; je voudrais pouvoir toujours trouver les mots pour parler des maux de notre société, et panser les bleus à l’âme.

“Je ne pourrai pas amener Léo aujourd’hui en séance, il est hospitalisé, il s’est cassé le fémur ce week-end, il a “bourriné” entre les barreaux du parc, et c’est comme cela qu’il se l’est cassé..”, me prévient sa mère par téléphone.

            “Bien, Madame, je ferai la commission”.

            C’est bien plus facile, en ce lundi matin de bonne heure, de me joindre, moi la secrétaire, avant que la thérapeute n'arrive, il y a moins d’explications à fournir et je me dois de me taire.

Léo, un an et quelques mois, a déjà fait l’objet d’un signalement. Tout bébé, il a souffert d’un décollement de rétine, accident très rare et très suspect, connu dans le syndrome du bébé secoué, et il a fallu le transporter d’urgence au CHU de Toulouse, par hélicoptère.  Là-bas, il y resté tout seul, certes avec un personnel dévoué, mais sans la présence et l’affection de ses parents qui n’ont daigné aller le voir qu’une fois en quinze jours. Malgré le signalement, on le leur a rendu, faute de preuves, sans doute.

Fais ce que tu peux Léo, pour te protéger de la barbarie de ce monde !

Cette fois encore, les explications de la mère ne semblent pas convaincre la collègue. Elle joint le service hospitalier, Léo aurait la jambe cassée depuis vendredi dernier et ne serait soigné que depuis ce matin, lundi. Evidemmment, il était impossible de le mettre chez la nounou aujourd’hui, dans cet état, il fallait bien faire quelque chose, n’est-ce-pas, surtout qu’il pleurait beaucoup depuis deux jours.

Le pédiatre ne croit toujours pas à l’accident et refait un signalement:

“Léo sortira du service quand on lui aura trouvé une famille d’accueil,” assène-t-il.

Enfin, on va tenir compte des faits, même si  papa et  maman sont des gens si “comme  il faut”, ayant tous les deux un bon travail, et pignon sur rue, s’il vous plait, ce n’est pas comme ces familles pauvres et asociales chez qui tout peut arriver.

 

            Le juge diligente une enquête et des experts, pour savoir si Léo a pu effectivement se casser la jambe tout seul, comme cela, par “bourrinage”.

 

Eh bien oui, c’est possible, c’est même presque évident ! Et puis des familles d’accueil, il n’y en a pas beaucoup, on ne va pas le garder à l’hôpital ad vitam eternam !

 

Alors, Léo est retourné chez ses parents.

 

Fais comme tu peux Léo, ne “bourrine” plus et bonne chance à toi !

 

Il ne me  reste plus qu’à maudire le sort et à trouver les mots pour le dire.

 

                                                                                                      Clara

*bourriner De bourrin avec désinence -er.

(Familier) Travailler, agir sans finesse, sans réflexion.

 

 
 
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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 10:06
 

 

Arbre

Arbre, tu puises ta sève dans les sédiments ancestraux, dans le sang lourd et épais des ancêtres. Tes racines tortueuses se fraient un chemin vers les entrailles de la terre, plongent vers la terre de feu. Tes frondaisons peuplent le ciel, le vent dans ton feuillage te donne une voix.

Bestiaire

Recueil de bêtes fabuleuses, de monstres hybrides d'hommes et d'animaux. Hydrocéphales ou hydropiques, tétramorphes ou bifides, dragon de chine pourvoyeur de pluies, sirènes naufrageuses, gorgones goulues, chimères fantasques entassées dans un grand livre poussiéreux...

Cochenille

Pigment de couleur rouge, rouge vif éclatant. Un rouge profond qui traversa les contrées lointaines, à dos de dromadaires ou de baudets, parcourant la longue route de la soie. Une chenille dont l'ultime métamorphose se fera en une robe ou un bonbon.

Destinée

Destinée à quoi ? A rester là, les deux pieds dans la terre ? Enracinée comme l'arbre ou itinérante comme la cochenille? A moins d'être nait bête bifide ou tétramorphe, et fuir se monde inhospitalier, ce dédale de désespoir, pour la terre aux légendes.

Enchâssé

Enchâssé dans la pierre des chapiteaux, un bestiaire fabuleux s'échappe la nuit en glissant le long des colonnes du cloître. Il se répand comme une trainée de poudre dans les allées silencieuses pour fuir l'immobilité jusqu'au petit matin.

Fontaine

Dans la fontaine fantasmatique des rêves, enchâssée dans la pierre, une fragile figurine de femme fine et fertile s'enfuit sous les flots poursuivie de créatures bifides qui se figent de surprise et d'effroi, à la vue de sa fine silhouette de marbre.

Elle éclate de rire devant tant de monstruosités consternées.

Gourmandise

Une gourgandine gourmande engouffre goulument de gigantesques gâteaux gélatineux. Elle se régale, en grognant de plaisir. Elle ne se rend pas compte de sa monstrueuse et progressive métamorphose en goule tétramorphes.

Humilité

L'humilité de l'historien, face aux fantômes du passé est semblable, à celle du brin d'herbe, dans la pelouse humide d'un cloître. Les hypothèses sont nombreuses ; les certitudes sont rares. C'est ce que pense l'archéologue déçu de n'avoir pu retrouver la main de ce géant de pierre dans ce marécage nauséabond.

Itinérant

Errance d'un lieu à un autre, mouvement perpétuel, toujours partir vers l'ailleurs, vagabonder d'un lieu à un autre en quête d'illumination, vers cette inaccessible lumière au royaume des mortels. Partir, chercher le chemin qui serpente entre les herbes folles et évite les ornières boueuses.

Javelot

Planter son javelot dans la terre meuble et humide d'un matin brumeux, entendre le vent siffler puis le bruit mat du javelot qui s'enfonce sous la surface rugueuse de la terre mère. Peut être qu'il y arrivera, peut être qu'il n'y arrivera pas, mais chaque lancé est une tentative pour se surpasser. Le but se déplace sans cesse.

Kyrielle

Une kyrielle de petits soucis assaillent le lanceur de javelot, son tir en est dévié, sa main se fait tremblante, il pose son javelot, s'assoit, fait le vide dans sa tête et enfin paisible il reprend sa série de tirs.

gendes

Une légende parle de notre lanceur de javelot, elle prétend que depuis la nuit des temps, il erre de planète en planète au rythme de son lancé. Jamais il ne s'arrête dans un lieu plus d'une semaine, itinérant malgré lui, suite à une sombre malédiction prononcé à son encontre

Manuscrit

Dans ce manuscrit ancien retrouvé dans une cabane de jardin, protégé des intempéries par un coffre de bois finement ciselé, on a pu découvrir une langue inconnue encore indéchiffrable aujourd'hui.

Nabuchodonosor

Nabuchodonosor est parti à la recherche d'un trésor fabuleux qu'il pensait enterré dans une friche lointaine et protégé par un coffre finement ciselé. Nul n'a jamais su de quoi il pouvait bien s'agir. Nabuchodonosor est un être profondément secret, c'est peut être là que réside le commencement de la sagesse.

Ouvrir l'image

Ouvrir l'image avec un tournevis, un ouvre boîte ou un tire bouchon, à moins qu'une clef à molette ou une pichenette ne suffise. Pourtant l'image est fort belle, dans des couleurs sépia, quelque peu usée par le temps, elle a gardé pourtant sont pouvoir évocateur intact.

Pluie

Ce matin il pleut, des gouttes tapent contre la vitre de la fenêtre de la cuisine. Près de l'âtre un chat fait sa toilette, en passant consciencieusement sa patte derrière son oreille, un nombre incalculable de fois. Décidément la pluie ne s'arrêtera donc jamais.

Que dit l'image ?

Que peut bien nous dire l'image une fois qu'elle a été ouverte. Elle gît béante devant nous, tous ses secret soigneusement cachés jusque là qui s'étalent impudiquement à la vue de tous, mais est il a la porté de tous de voir à travers ce nuage de pixel autre chose qu'une image ?

Roman

Pas de quoi en faire un roman ! Vous parliez d'art roman, les romans sont des romains qui ont perdus leur i , et qui pratiquent l'art de couper les pierres en quatre pour se justifier de cette perte.

Serpent

Sifflez donc serpent, vous êtes seul avec le sculpteur de pierre qui vous a conçu ainsi, sinueux, sillonnant le monde en s'insinuant entre les pierres et les mots silencieusement ou en sifflotant sirupeusement une sempiternelle ritournelle.Seriez vous prêts à abandonner cette délicieuse solitude pour aller à la rencontre de la vastitude d'un monde où l'on avance debout?

tramorphe (trace)

Tétramorphe jusqu'aux bouts des ongles, elle ne vit pas l'ombre de l'aigle et du taureau qui lui emboitaient le pas dès qu'elle tournait la tête. Cependant, elle parti dans un grand éclat de rire qui effraya ses poursuivants ébahis, si bien qu'ils prirent leurs jambes à leurs cous et détalèrent avec perte et fracas.

Usure

L'usure avait fait son œuvre. Il s'était érodé au fil des ans, ses aspérités c'étaient arrondis. Le temps avait eu raison de son arrogance. Il n'était plus qu'un géant de pierre enseveli dans la vase d'un marécage. Les grenouilles se faufilaient entre ses jambes. Un naufrage titanesque avec une eau verdâtre pour tout linceul.

Vices et vertus

Pourtant ses vices n'étaient pas si nombreux que sa chute doivent être si abrupte et nauséabonde.Ses vertus auraient dues pouvoir le sauver d'une fin aussi désespérante, dans le déshonneur et l'oubli. Mais les Ondines, ces étranges nymphes des marais, lui tressèrent des couronnes d'algues et de fleurs qui le consolèrent quelque peu, dans son immense détresse.

Wisigoth

Les wisigoth, c'était eux qui étaient la cause du malentendu qui avait été à l'origine de sa chute. Personne ne l'avait cru. Tous ses amis les plus fidèles lui avaient tournés le dos sans se retourner. Le désespoir l'avait conduit auprès du sculpteur de pierre, et il n'en était jamais revenu, du moins personne jamais n'avait pu depuis entendre résonner sa voix ni ses pas entre les murs du cloître.

XI ème siècle

Au XI ème siècle, un moine en méditation prés d'une mare, vit soudain une main apparaître à la surface des eaux, cette main de pierre aux doigts verdâtres semblait appeler à l'aide. Effrayé il parti en courant, mais quand il tenta de retrouver l'endroit, accompagné cette fois du père supérieur il ne pu jamais le retrouver.

Y

La rivière faisait un delta qui ressemblait à un long Y sans fin. Au cœur du delta un oiseau multicolore avait fait son nid. Il couvait jalousement une énorme nichée d'œufs de toutes les couleurs de l'arc en ciel. Il veillait sur eux le jour comme la nuit. C'était dans les commencements du monde.

Zones

Des zones d'ombres subsistent encore aujourd'hui sur les raisons qui l'ont poussée à choisir ce chemin sinueux, semé d'embuches, plutôt que celui que l'on pensait avoir tracé pour elle. Elle avait choisi de parcourir le monde à son rythme, sans jamais presser le pas, sans se soucier du temps,ni des des tours et détours que lui faisaient prendre son obstination.

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6 juin 2009 6 06 /06 /juin /2009 09:15

Soleil voilé, temps lourd. Sur la place, visages fermés, visages  aux yeux gonflés. Attente devant l’église, plaintes qui montent, regards recherchant des visages amicaux, une alliance dans le chagrin.

La foule qui se presse lentement dans les rangs  est venue accompagner F. dans son dernier voyage. L’attente se prolonge, on a bien le temps de partir quand c’est fini. La cérémonie sera douloureusement longue. Parfois, la voix de l’enfant se fait entendre, apportant une note de gaieté insolite dans cet océan de chagrin. Colère rentrée contre cet officiant qui en fait trop, il n’y a pas de place pour la douleur ni le doute  seulement pour la culpabilité. Je rêve où il a encore parlé de péché?

Un jeune homme  parle de  sa cousine vivante, il n’est  pas encore dans le passé, mais  dans le  manque de sa cousine, de la douleur de l’absence . Il rejoint l’enfant et l’accueille dans ses bras.

Douleur devant la douleur de la mère. Elle est là courbée, les épaules rentrées, et surtout le regard quêtant un appui,   pour s’épancher ? A travers cette posture vision fugitive de la mater dolorosa.

Attente renouvelée au cimetière, plus longue.  Peu d’échanges, peur des échanges, pleurer avec elle, parler de la menace du temps, ne pas nous impliquer.

Heureusement, l’organisation est là, nous rappelle  l’ordre des choses. L’orage qui menaçait depuis quelque temps, arrive brutalement avec une pluie torrentielle. En moins de cinq minutes, ceux qui étaient sous un parapluie ressemblent à ceux qui n’en n’ont pas. Je presse le pas, monte une pente entre les tombeaux, concession à perpétuité écrit sur la plupart.

Nous arrivons, inondés, et pieds boueux. Quelques personnes ont risqué les pieds nus et les cousines, madones  aux chevelures trempées grelottent de froid et de chagrin. Soudain, une musique au rythme ondulant et nostalgique s’élève. Les parents se pressent les uns contre les autres. La pluie qui s’abat sur les parapluies nous empêche d’entendre le texte écrit en soutien pour l’amie qui perd sa fille. Nous chantons « les gens qui doutent » tragiquement  adaptée à cette  réalité. M.P. chante avec nous, chanter  a l’air de la soutenir, de l’aider à rester debout. Pause fugace dans le chagrin.

Lente et dernière progression vers le tombeau. Longue file de personnes en pleurs. Hésitations, pourquoi nous infliger cela ?  Quel  soutien, nous sacrifions au rituel avec une rose furtivement lancée.

Descente des parapluies,  traversées des  ruisseaux qui dévalent les pentes du cimetière. Nous ne nous retournons pas.

Envie de partager ta douleur. Mais est ce un vrai partage ou celle d’une  mère qui pourrait être à ta place ?  Cette douleur là est indicible et ne peut s’alléger par le partage. S’appuyer sur quelqu’un-e nous aide à supporter la douleur. Elle est là, elle doit d’abord s’épanouir, monter en puissance, puis comme une vague, elle viendra se casser sur le bord de ton chagrin.


M.C.     

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