Partager l'article ! Place des Carmes, Bar du matin: textes écrits par les participants du sentier d'écriture Matabiau-Carmes, samedi 19 ...
| textes écrits par les participants du sentier d'écriture Matabiau-Carmes, samedi 19 novembre 2011 |
|
Bar du matin
Bar du matin, début d'après-midi, situation incongrue. Pas de martini blanc solitaire. Pas de malaise et de culpabilité au comptoir. Pas d'incertitude et d'hésitation car les consignes sont claires : les pensées seront dictées et les visions partagées. Ainsi soit-il.
Le jazz au coin de la rue, les jeans, les jupes, les lunettes de soleil qui passent, les smartphones collés aux oreilles, les enseignes des magasins accrochées aux yeux, les volets entrouverts, les bruits des verres sur les tables, les passants qui hèlent, les chaises déplacées, les odeurs de café et de cigarette mêlés, les belles lumières glacées d'automne et les courants d'air n'existent pas.
Je ne suis pas là.
Mes compagnons et moi sommes ailleurs, dans le miroir de ce qui est, quelque part entre la rue des Polinaires et le ciel bleu. Nous observons derrière une glace sans teint avec la vision sélective d'un tueur fou au coin d'une rue.
Le regard des gens qui passent est soudainement balayé par le vent. Et moi, toujours planant, je m'accroche désespérément à l'écoute de mon acolyte pour atterrir en douceur vingt minutes plus tard à la terrasse du bar du matin un automne en début d'après-midi.
PIERRE |
|
Croix verte, Nicolas, discussion entre filles, langue anglaise, petit accent, observation. Couple qui s’assied, passant qui passe, un bébé à casquette, un blouson qui s’échappe, bon chic bon genre, chaussures de sorcières, odeur de cigarette, petite brise légère… Jazz, « Un café s’il vous plaît ! », passage étroit, y’a du monde qui passe, j’observe, j’écoute. Ho !, un chaperon rouge ! « Je suis à l’affut de tout », « ho ! elle est trop belle ! ». Nouveaux voisins, odeur de pizza, elle doit être froide avec le temps qu’il fait … Le monsieur a l’air fatigué, il a de grosses valises sous les yeux. Et celui-là, là-bas, il a l’air tout inquiet. Quand il parle, il fronce les sourcils, il a le pied qui gigote. Un chien, la photographe, finalement la petite fille mange sa pizza. Le monsieur inquiet regarde par terre, il contracte sa mâchoire. Odeur de café, bruit de bistrot. Œil aux aguets, je cherche, je cherche … Deux atchoums, un sifflement, un Lafayette qui se promène, un mouchoir dans une poche, une mère et sa fille. Démarche tranquille, un léger frisson … la police qui passe … hahaha ! Soupirs …
Y’a comme un silence qui flotte, juste là !
Un homme au casque blanc, un autre au Kway et à la casquette bleue. L’homme inquiet à froid aux mains… Un vieux solex… On n’est pas trop mal ici. Des gens qui font la manche, ils attendent. D’où viennent-ils ? Le gobelet est vide. Les regards en disent long ? Nos voisins ont fini, le thé est bon, les feuilles volent, des rires, des regards …
AGNES |
|
|
STOP ! OH ! VOITURESSS !
La place… des voitures
Des paroles qui passent Le vent soulève les feuilles Une musique au loin
Des voitures, des voitures Une écharpe grise, Une cigarette, pouah ! Une petite fille blonde dans sa poussette Non, non pas de café, Place des Carmes, bar du Matin Le soleil sur la façade jaune
Des voitures, des voitures… Un couple âgé passe en se tenant par la main Voitures, encore des voitures, mon souvenir en sera nourrit A la terrasse les gens fument, Le serveur joue à l’équilibriste
Des voitures, des voitures Ah! Un vélo, chouette! Un saxo au loin, hum ! J’adore Rita et moi changeons de place Tentative Fuir les voitures Une rue piétonne, monde sans elles Etals des marchands, multitude de fruits La ville côté jardin. Un enfant sur sa trottinette. La vie. STOP ! OH ! VOITURESSS !
BERNADETTE |