Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
15 décembre 2009 2 15 /12 /décembre /2009 22:37
 

 

 

Dans un coin frais du marché campe une pyramide d’artichauts. Télescopage visuel. Rencontre charnelle de cœur à cœur. 3,80 € le kilo. Ils viennent de France. Pas comme moi. Ce sont des Macau. Des gros. A cuire. Les violets en bouquets c’est du cru. Enfin… à manger cru, plutôt. Quoique…

A quelques pas de là un chien de traîneau à la voix de peluche traîne sur la plage arrière d’une petite voiture à la carrosserie blanche flanquée d’un grand A rouge de traviole. D’autres animaux en tenue de camouflage effleurent l’écorce terrestre. Des portes battantes s’ouvrent sur un délit de fuite : des poulets rôtis drapés de friture s’évadent de la puissante structure métallique. Contrôle d’identité. Le chien de traîneau limité à 24 heures consécutives a-t-il un permis, un nom ?

Un rayon de soleil pointe en direct sur Varsovie. La plaque de rue en hauteur apparaît en surbrillance : rue de Varsovie.

Y’a de la vie dans Varsovie pour mon cœur épilé, estrapadé, entre la sépulture de Jean Balette et Pépita qui coiffe mixte depuis toujours dans la Grande Rue Nicolas.

sentier d'ecriture StCyprien1
















Frontière entre dedans et dehors foulée par les habitants d’ici et d’ailleurs cherchant asile, refuge, une perle au creux de la main ou dans une coquille, un noyau dans une écorce.

Entre les deux, un port, une passerelle surplombant le fruit d’un tourbillon de cultures.

Un écho de paroles murmurées comme une prière « Au cœur de ce trésor avait poussé comme une petite fleur, qui avait grandi, grandi. Espérance était son nom ». Mais les mots ne raisonnent pas tous pareil. David, toi le Roi Nègre à la couronne en carton, être de chair et de douceur tu le savais. Des graines et des graines ont germé, par milliers, dans ce quartier, sur ce quai d’exil républicain espagnol : direction  rue des Novars, Casa Catala, rue du Crucifix, pas de doute. 

Peut être que dans une autre vie cela aurait pu être moi, là, dans cette rue, ce quartier, ce quai, cette maison, exilée d’une vie. Peut être que dans une autre vie j’ai été, je serai un homme ou un animal ou une graine ? Quien lo sabé ?  Le monde autour de moi porte l’empreinte de l’exil.

Echafaudage d’une galerie de portraits. Entre enfer et paradis, les Chères Âmes du Purgatoire sont en transit, en exil elles aussi. Grâce obtenue. Délivrance. Profond merci. Reconnaissance. Guérison. La Vierge Noire a métamorphosé sa robe sans taches de péché. Eternellement. Fervente. Bonne Mère à qui vont tous ces hommages de reconnaissance. Merci aux 37 descentes en tout en 163 ans de Notre Dame de la Vierge Noire, protectrice divine de la maternité.
Le vent frémit aux contours de la "devalada" de la halle aux poissons. Le canal de fuite des moulins donne le ton, les néo thermes toulousains du 34 Quai de Tounis où officiait Mr Prosper Melnotte, doucheur - pédicure ne sont plus.

sentier d'ecriture StCyprien-rive droite7



















A quelques zigzags de là, " L’envoyé spécial a disparu" titre un roman d‘un autre temps. "Lettres de feu ", " Larmes d’enfants ", " A chacun sa volupté ".

"La voie lactée ". J’y arrive en même temps que la descente du soir, avec le vif sentiment d’un repli sur moi. La tête pleine d’ombres de monstres, je déboule dans cette gorge serrée qui n’aime pas le lait. La propolis active des abeilles aide à m’y glisser comme de la peinture satinée sur du métal. Songerie dans une galerie, porte poussée où le voyageur rencontre la durée. 

Une écriture de lumière s’ouvre sous la voûte d’un volume clair obscur. La rampe est protégée par un doux gris cotonneux,

Je repense à David, tout droit, tout noir, filiforme, couronné de succès cartonné prédécoupé, gisant sur une pierre tombale au grain religieux, transfiguré dans une espèce de coma, petit coin du cosmos juste entre deux univers, en filigrane, d’un non lieu précieux.

 
Corine

Partager cet article
Repost0

commentaires